Mario Boulanger : « Le monde de la nuit a pris un virage à 180 degrés »

Mario Boulanger, alias DJ Baker, organisateur des Baker Party à Marseille

Interview réalisée en octobre 2026, à quelques jours de la Baker Party Woodstock à l’Huilerie de Notre-Dame.

Mario Boulanger, alias DJ BAKER, commence à se faire un nom sur la scène de la nuit marseillaise. Le jeune DJ marseillais de 27 ans organise ce vendredi 23 octobre une nouvelle BAKER PARTY dans un lieu tout à fait atypique : une ancienne huilerie marseillaise. Nous l’avons rencontré pour en savoir plus sur sa prochaine soirée et connaître son parcours.

Qu’est-ce que vous préparez le 23 octobre à l’Huilerie ?

Vendredi, j’organise une nouvelle Baker Party sur le thème de Woodstock, immense festival hippie de 1969. C’est une soirée déguisée avec un dress code vintage chic. Cette soirée est un challenge pour moi, car je n’ai jamais fait une soirée avec autant de capacité.

Pourquoi avoir choisi l’Huilerie plutôt qu’un autre lieu ?

L’Huilerie est un des lieux qui se démarquent le plus dans Marseille. À la fois underground, avec ce côté vieille huilerie marseillaise, et vintage, avec une belle hauteur sous plafond et des murs restés dans leur jus. C’est un lieu très bien placé dans Marseille, où des gens de tous les horizons se réunissent pour faire la fête.

À quel moment le monde de la nuit est-il entré dans votre vie ?

J’ai des parents très fêtards. J’ai été bercé par les soirées qu’ils organisaient à la maison. À 11 ans, j’organisais déjà des concerts dans mon quartier, à l’Estaque. Je sortais ma batterie dans la rue et je jouais toute la soirée.

J’ai commencé par l’événementiel corporate, mais ça m’a vite ennuyé. J’ai alors cherché dans l’événementiel culturel. À 18 ans, j’ai envoyé mon CV à Christian Mellon, figure de la nuit marseillaise, aujourd’hui mon mentor. C’est grâce à lui que j’ai été introduit dans l’événementiel que j’aime.

D’où venez-vous ?

Je suis originaire de l’Estaque, à Marseille. Je suis très attaché à ce quartier, j’y vis toujours d’ailleurs. Mon père était vétérinaire et ma mère institutrice, je n’ai jamais manqué de rien. J’ai toujours été musicien, la musique dicte ma vie depuis petit. J’ai eu un parcours scolaire catastrophique, j’ai fini au lycée Nord car j’ai été exclu de tous les lycées. Cependant, j’ai eu mon bac du premier coup.

Je suis ensuite parti faire des études d’événementiel à Montpellier et, en parallèle, j’ai commencé à apprendre le métier de DJ.

Quelles valeurs transmises par vos proches vous accompagnent encore aujourd’hui dans votre métier ?

Ne pas se laisser faire, être humble. Mon nom de famille est Boulanger : j’ai toujours appris à travailler sans relâche et en silence pour atteindre mes objectifs, en essayant d’être le meilleur. J’ai aussi la chance d’avoir de la tchatche et une bonne tête, ça aide dans mon métier.

Qu’est-ce que vous aimez le plus dans le monde de la nuit ?

L’euphorie des gens. Ce n’est d’ailleurs pas lié qu’à l’alcool. Je ne suis pas médecin, mais je pense qu’une bonne soirée peut être une bonne thérapie. J’essaie, le temps d’un instant, de faire oublier aux gens leurs soucis. C’est ce qui me motive.

Les gens viennent-ils en soirée pour les mêmes raisons qu’avant ?

Non, le monde de la nuit a pris un virage à 180 degrés. Avant, les gens venaient vraiment faire la fête. Aujourd’hui, il y a moins de rencontres, moins de danse. L’heure n’est plus au clubbing : la moitié des boîtes de nuit en France ont fermé ces dix dernières années. Il y a de plus en plus de lieux qui ouvrent tôt, les gens se lâchent moins. Ça ne me satisfait pas du tout. D’où l’idée d’organiser une soirée déguisée, pour que les gens redeviennent eux-mêmes, derrière un masque, le temps d’un instant. Aussi paradoxal que cela puisse paraître…

De quoi êtes-vous le plus fier depuis vos débuts dans le métier ?

Quand je regarde mon parcours, je suis fier de tout ce que j’ai accompli. Je suis fier de voir que le mal que je me suis donné a payé et m’a permis de m’imposer sur la scène nocturne marseillaise. Si je dois retenir une chose, c’est qu’il ne faut jamais cesser de croire en ses rêves. Il ne faut jamais lâcher : quand vous êtes jeunes, vous vous prenez des murs. Mais il faut se servir de cette fougue de jeunesse pour oser et aller au contact des gens. C’est auprès de gens expérimentés que l’on apprend. Ne craignez personne : avec de la résilience, vous atteindrez vos objectifs.

Quel événement rêvez-vous d’organiser un jour ?

Depuis petit, j’ai un rêve. De ma maison, je voyais passer les cargos sur la mer. J’aimerais organiser un jour une grosse soirée sur un cargo rempli de conteneurs. Je trouve que le contraste entre une soirée classe, où tout le monde est bien habillé, et un décor rouillé et brut représente parfaitement l’image de Marseille. Je rêve de mixer devant 2 000 personnes sur la mer, là où le coucher de soleil projette une magnifique lumière sur la vétusté du cargo.

Découvrir les Baker Party · Me contacter